Perséverance 2009

Pour la seconde fois, j’organise la collecte de fonds Persévérance, dont 100% des dons iront à la recherche effectuée sur le cancer à l’IRIC, l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie. En juin 2009, à bord de mon voilier Persévérance, je voguerai en solitaire entre Newport (Rhode Island) et les Bermudes.

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Célébration et autres victoires.

robertpatenaude_andregagnon_27jn09Tous les competiteurs sont unanimes, cette course fut la plus éprouvante jamais vécue en 32 années!!! Notre première victoire à tous est donc d’avoir réussi cet exploit!

Les 3 premiers jours ont été passés à lutter contre des orages et des coups de vents de plus de 40 knts, sans compter le passage du gulf stream qui nous réservait de fortes émotions avec un vent nord-est de plus de 25 knts et des vagues grosses comme des églises! De longues heures à recevoir des tonnes d’eau et à se faire brasser dans tous les sens.

À la suite de ce traitement infernal, le vent s’est arrêté… complètement! Le calme plat.  Cette situation a duré plus de 36 heures. Seulement des petits souffles sur la mer, de minuscules frissons sur la surface… Changement de voilures, de spinakers, il fallait réagir!  André a fait un excellent travail dans les ajustements des voiles. Nous savions que la victoire était toujours à notre portée car un voilier open 40 se trouvait à moins de 1m de nous.

Et comme si ce n’était pas assez, les baleines nous ont accompagné, elles faisaient des sauts de plus de 25 pieds afin de s’alimenter de crill (petites crevettes) et un gros requin de plus de 5 m nous a suivi à moins de 2 m, la mâchoire grande ouverte qui fait facilement 1m!!!!

La dernière nuit s’est déroulée dans la brume totale. J’ai utilisé le courant pour faire avancer le bateau. Nous étions 3 voiliers à se promener dans la noirceur totale. À 6h55am nous avons passé la ligne d’arrivée. Épuisés, mais heureux.

Nous avons terminé en première position en temps corrigé. Un véritable exploit, car je naviguais avec un voilier en mauvaise condition: une collision avec une baleine, un cable d’acier brisé, un poteau de la ligne de vie endommagé sous la force des vagues, les chariots des grandes voiles endommagés, etc. Mais il n’y a pas que Persévérance qui en a pris un coup, le capitaine aussi! Une entorse au genou, l’épaule, le dos… Mais ce n’est rien! Lorsqu’on affronte la nature, il y a un prix à payer… surtout si on veut gagner!!!

À bientôt!

- Robert

Nous sommes enfin arrivés!

Bonjour chers amis!

Pardonnez mon absence sur le blogue dans les derniers miles nautiques de la course et depuis notre arrivée! Nous avons accosté à Newport hier aux aurores. Mon coéquipier et moi avons rapidement emprunté les chemins du sommeil, nos corps fatigués le méritaient amplement!

Nous sommes toujours en attente des résultats finaux, mais si la tendance se maintient, nous serions arrivés 1er de notre catégorie! Une excellente nouvelle qui tombe à point. La course Bermuda one-two a été l’une des plus corsée cette année: mauvaise température, tempête tropicale, peu de vent et dans mon cas: attaque au rorqual bleu! Un incident qui fera jaser longtemps le milieu nautique!

Les derniers miles nautiques de la course ont été particulièrement pénibles. Nous avons mis plus de 24h pour en parcourir 50! Persévérance est mal en point et la liste de réparations à effectuer avant mon retour au Québec ne cesse de s’allonger! Des câbles sont brisée, le pilote automatique, le gouvernail et même les miroirs de ma salle de bain ont éclaté à cause du choc des vagues… Du jamais vu!

La cérémonie aura lieu demain au Yacht Club de Newport. Je vous tiens au courant!

Bonne fin de semaine à tous!

- Robert

2h du matin et encore de la pluie!

La météo ne s’améliore pas et je vous dis que le moral en prend un coup! Quelques rayons de soleil seraient grandement appréciés, mais Dame Nature nous réserve tout un autre scénario, à des années lumières de nos revendications de matelots épuisés et détrempés!

 

Le gouvernail a commencé à faire du bruit quelque part cette nuit et nous avons été obligés de réparer le pilote automatique à deux reprises, mais on tient bon!

 

Avec toutes ces nouvelles données, nous n’allons certainement pas arriver à Newport avant mercredi.

 

En tant que seuls participants québécois à cette course, accoster le jour de la Saint-Jean devient symbolique!

 

- Robert et André

 

Partons la mer est belle…

oceanMon coéquipier, André, et moi sommes en mer depuis quelques jours en direction de Newport. La mer est bleue foncée et un bon vent fort nous accompagne.

 

Nous avons atteint le Gulf Stream samedi. Accueillis par de gros orages, nous nous sommes retrouvés au cœur de la tempête qui a retardée notre départ des Bermudes la semaine dernière.

 

Il est certain que nous ne poussons pas Persévérance à sa pleine capacité, mais malgré tout, le gouvernail tient bon et nous restons compétitifs!

 

Si tout se passe comme convenu, nous accosterons demain midi ou demain soir.

 

- Robert

La deuxième étape de la course est retardée!!!

hpim5619Le départ était fixé à midi aujourd’hui, mais les prédictions météo sont menaçantes! Le comité a décidé de retarder le départ. La dépression tropicale semble se diriger vers le sud et prendre de la force opur atteindre des pointes à 50 knts!
À mon avis une très bonne décision! Il faut toujours respecter la mer. 
Dépendant du moment convenu pour le nouveau départ, je pense être à Newport entre le 22 et le 24 juin.
Durant le trajet du retour, je ne pourrai appuyer à fond sur l’accélérateur car le gouvernail est réparé de façon temporaire, à mon arrivée, il faudra le changer.
Mais déjà cette victoire en solo lors de la première étape, suivit de la collision avec la baleine, est un accomplissement qui dépasse mes attentes. André et moi ferons de notre mieux en restant dans les limites acceptables du bateau, car en bout de ligne ce qui compte, c’est la sécurité et le plaisirs de faire de la voile au large.
À suivre…

Résultats des tests!

hpim5688Les essais ont été faits et sont très satisfaisants. Sous un vent de 20-25 knts, dans des vagues de 2-3 mètres, avec un équipage qui avait certains malaises digestifs(!!!), nous avons atteint des vitesses de 8.5 à 9 knts. Malgré tout, le gouvernail a plus de raideur sur le coté tribord, mais il faut rappeler qu’il y 5 jours, je croyais être obligé de revenir en avion ou à la nage! Il faut admettre qu’on a fait des progrès!

L’inspection n’a pas démontré de fissure ou de faiblesse, donc le 18 juin on revient en course et Dirigo est mieux de ne pas faire d’erreur car nous l’aurons à l’oeil!
En ce qui concerne les baleines, elles aussi nous les aurons à l’oeil! En passant, lorsque que vous croisez une baleine sur votre chemin, il faut toujours mettre le moteur en marche. Les vibrations sur la coque sont perceptibles par nos petites amies de 30 tonnes qui peuvent ainsi mieux nous positionner.
Malheureusement pour moi, lors de ma mésaventure, la baleine revenait d’une plongée et je ne l’ai jamais vue venir! Pendant que j’y pense, elle s’est sauvée sans remplir un constat à l’amiable!
- Robert

L’heure est aux réparations!

hpim5627Retirer un gouvernail sur un voilier de 41 pieds en mer , c’est possible, le réparer en moins de 5 jours, c’est aussi possible.

Après ma victoire sur la partie solitaire de la Bermuda 1-2, je suis vite retombé les pieds sur terre. Le gouvernail éventré par la collision avec la baleine de 30 tonnes ne me permettait pas de retour possible sur le continent, encore moins de revenir en course.
Grâce à l’aide de navigateurs débrouillards du groupe une solution fut acceptée:  je devais tenter de retirer le gouvernail en gardant le bateau à l’eau et il était possible de le réparer avec des colles spéciales qui adhèrent même sur des surfaces humides. Donc, dès le lendemain de mon arrivée j’étais à l’oeuvre dans le fond de la coque du voilier.
Je chauffais des boulons avec une torche afin de démonter les cablages et le pilote automatique, température ambiante:40 degrés celcius!, on est loin du Québec. Une fois démonté, à mon grand bonheur, il flotte. Pas de plongée à faire! Je le remorque au quai à la nage et à 4 personnes, nous le soulevons et le portons sous la tente servant aux réceptions du club de voile. On m’avise que  j’ai 4 jours avant le prochain party, et ici on ne rigole pas sur les règlements!
J’installe le gouvernail qui sortie de l’eau pèse 80 kg et mesure 9 pieds de long, je commence le séchage, le ponçage et la préparation des pièces de remplacement. La mèche est crochit de 5%. Je coupe la partie supérieure du gouvernail qui frotte sur la coque, deux fissures latérales sont réparées avec du fibre de verre et de l’époxy et pour le renforcement de l’éventration, je perce 16 trous pour des boulons d’acier qui serviront à compresser les parois. 
Heureusement avant le départ tous les compétiteurs ont eu des échantillons d’une nouvelle colle époxy, tous m’offrent généreusement leur échantillon, ce qui me permet de faire un collage très résistant aux pressions de l’eau.
Hier matin à 6 heures,  j’étais à l’eau pour réinstaller le gouvernail. La manoeuvre a nécessité 3-4 heures de travail. Nous avons lesté le gouvernail avec une ancre de 55 livres et à la nage nous l’avons réintroduit dans ses roulements, puis je suis retourné dans le fond de la cale pour ré-installer les câblages. À 13 heures, nous étions prêt pour les tests en mer.
À suivre…
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Bilan de santé du capitaine, de Persévérance et de la baleine!!

hpim5593Mercredi à 5:00 am,  jétais sur mon approche des Bermudes, à 8.5 miles de l’arrivée, en première position, à plus de deux heures de mon rival, Dirigo. J’écoutais du rock and roll avec mon i-pod, question de stimuler mon minimum d’énergie et de garder toute ma concentration pour ces derniers miles.

En une fraction de seconde, Persévérance qui pèse 17,000 livres fut soulever de l’arrière de plus de 1-2 pieds dans les airs! Il s’arrête brusquement filant à plus de 6.5 noeuds et fait un 180 degrés, virage, bout pour bout!!!! Je suis projeté en avant et mon épaule absorbe le choc. La dernière fois que j’ai subit un tel plaquage ce fut lorsque je jouais au hockey, le gros numéro 23 de l’équipe de St Jean surnommé “flagosse” m’avait ramassé dans la bande et je terminé la partie à l’hôpital ! 

WOW!  HO LÀ! Qu’est ce qui se passe?
Erreur de navigation?
Récifs?
Objet flottant?
Le fameux triangle des Bermudes qui fait des siennes?
Dans ces situations, il faut agir vite et ne pas faire d’erreur. Premièrement:  suis-je blessé? Allongé par terre, je bouge mon cou (ça va), puis les pieds, le dos, les jambes et les bras, ouch l’épaule me fait mal. Je palpe, ça bouge, tant mieux elle ne semble pas fracturée! Étourdis, je me lève et maintenant passons au bateau: y-a-t-il une fuite d’eau? À première vue, non. Pas d’eau sous les planchers, ni à l’étrave, ni à l’arrière. Un dommage dans la structure du bateau? Tout semble tenir. Le mat est toujours en poste. Vérification faite, je n’ai pas fait d’erreur de navigation: je suis à 1 miles au sud de la dangereuse barrière de corail du nord des Bermudes.
Les multiples alarmes des instruments hurlent: cap déplacé, pilote automatique ne parvient plus à diriger la barre… Rapidement, je baisse les voiles, désengage le pilote. La barre est devenue extrêmement dure à virer, pas plus de 15 degrés de chaque coté!
Je me déshabille et plonge dans l’océan pour vérifier le gouvernail, celui-ci est crochit et frotte sur l’arrière de la coque, incroyable! La mèche du gouvernail est faite d’acier et elle a 21/2 pouces de diamètre! Que s’est-il passé???
hpim5354Je remonte sur le bateau et tout à coup, trois grosses baleines m’entourent à environ 20 mètres. Voilà l’explication, une d’elle en remontant d’une plongée n’a malheureusement pas perçu le voilier et a heurté l’arrière du bateau le soulevant de près de 1-2 pieds dans les air! Ne vous inquiétez pas, la baleine se porte bien!
Clay Burkhalter champion américain en open 6.5m, sur Acadia, est à 100m de moi et a vu la scène. Il m’appelle sur vhf. Inquiet, il vire et veut venir me donner son aide. Je lui dis de  ne surtout pas s’approcher, car Acadia, son petit voilier de 21 pieds fait de carbone et pesant 450 kg, ne survivrait pas à un tel choc. Il appelle la base de la course et explique mon accident.
Pendant près de 30 minutes, je fais toutes les vérifications de structure du bateau. Franchement, ce c-c 41 fabriqué au Canada est vraiment solide! Sauf le gouvernail, rien n’a été endommagé (mis à part mon épaule).
Maintenant, allons voir si je peux naviguer avec le gouvernail éclaté. Le vent est calme, la mer est calme… Allons un dernier petit effort Persévérance!, on a encore des chances de gagner! Je lève la grande voile et le génoi: surprise! Le bateau reprend de la vitesse et file presque un cap parfait à 3-4 noeuds! La victoire est toujours possible. Erik, sur Dirigo (un américain de Annapolis que je décrirai par politesse comme étant un peu arrogant et narcissique), file à 6 noeuds et il est à moins de 13 miles de moi. Ayant écouté mes malheurs sur radio vhf il me dit: ” Bob, poor Bob. You were so near to this victory. I am so desapointed for you. You’ve done a great race!” Il n’en fallait pas plus pour redoubler d’effort!
Voilà plus de 2 miles à parcourir et Dirigo n’est qu’à 1 mile derrière. J’entame un dernier virage, en laissant le génoi bordé à contre et voilà que le sprint final est entamé! Un petit coup de vent me fait accélérer, le gouvernail frottant sur la coque fait de dangereux bruits, mais voilà qu’après 5 jours de course, Persévérance passe la ligne d’arrivée 7 minutes avant Dirigo!!!
Erick m’appelle et en bon perdant me dit “Now I know why your boat have such a hard name to pronounce!”
Je rentre à bon port aidé par deux zodiacs afin de diriger le bateau vers le quai. Voilà! Malgré toutes le embûches,  j’ai gagné la course dans la division 1 (en temps réel et en temps compensé) contre des concurrents ayant des bateaux nettement plus “intimidants”!
hpim5597Je garderai toujours des souvenirs incroyables de cette fin de course. S’il y a des leçons à tirer, je dirais qu’il ne faut jamais se croire inférieur aux autres, même s’ils sont intimidants et jamais il ne faut renoncer ou baisser les bras, même si tous les éléments semblent contre nous.
- Robert Patenaude

Je suis arrivé… Premier de ma catégorie en plus! :)

perseverance-iles_3Salut chers amis!

Mère nature s’est montrée coriace envers moi et mon voilier Persévérance en envoyant orages, vents violents, vagues cassantes, et bien plus. Après 5 jours en mer seul et avec très peu de sommeil (je n’ai jamais la chance de visiter ma cabine, toujours contraint à dormir à la belle étoile), j’ai vécu la plus dure épreuve de ma carrière de capitaine : cette nuit, une baleine a frappé mon voilier. Après avoir plongé sous l’eau en pleine mer (!), j’ai constaté que celle-ci s’en était sortie mais avait fracassé mon gouvernail. Il est « ouvert comme une boîte de conserve » et est en mille morceaux. Étant sur mes derniers milles, j’ai décidé de continuer mon parcours. Mon rival de catégorie, Dirigo, qui me poursuivait depuis des jours, me talonnait de près et j’ai dû redoublé d’efforts.

Malgré ces nombreux obstacles, je suis arrivé aux Bermudes ce matin, PREMIER de ma catégorie, et 7 minutes avant Dirigo! Selon des experts dans le domaine, cette édition de la course Bermuda 1-2 a été particulièrement difficile et mon résultat est un véritable exploit!

Le périple ne se termine pas aujourd’hui. J’ai maintenant 8 jours pour me refaire des forces et surtout pour voir à la réparation de Persévérance.

Mais pour commencer… DODO!

- Robert, un capitaine fou de joie!

C’est serré!

dsc_0197Bonjour les amis!

Je suis toujours à la poursuite de Dirigo – mon grand rival dans ma catégorie! J’ai mis toutes mes choses du côté tribord (le côté droit) pour me donner toutes les chances d’y arriver! C’est un truc des coureurs du Vendée Globe alors croisez-vos doigts pour que ça marche!!! Je devrais arriver aux Bermudes au courant de la nuit donc soufflez votre meilleur vent en ma direction!

 

La fatigue commence à s’installer. J’ai mal partout…Je dois coucher à la belle étoile. Il y a pire chose dans la vie mais ce n’est pas de tout repos!

 

Les amis – je vous remercie pour tous vos messages, vos encouragements et vos pensées. Je n’ai pas le temps de vous répondre mais je pense à vous.

- Robert

 

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