Tous les competiteurs sont unanimes, cette course fut la plus éprouvante jamais vécue en 32 années!!! Notre première victoire à tous est donc d’avoir réussi cet exploit!
Les 3 premiers jours ont été passés à lutter contre des orages et des coups de vents de plus de 40 knts, sans compter le passage du gulf stream qui nous réservait de fortes émotions avec un vent nord-est de plus de 25 knts et des vagues grosses comme des églises! De longues heures à recevoir des tonnes d’eau et à se faire brasser dans tous les sens.
À la suite de ce traitement infernal, le vent s’est arrêté… complètement! Le calme plat. Cette situation a duré plus de 36 heures. Seulement des petits souffles sur la mer, de minuscules frissons sur la surface… Changement de voilures, de spinakers, il fallait réagir! André a fait un excellent travail dans les ajustements des voiles. Nous savions que la victoire était toujours à notre portée car un voilier open 40 se trouvait à moins de 1m de nous.
Et comme si ce n’était pas assez, les baleines nous ont accompagné, elles faisaient des sauts de plus de 25 pieds afin de s’alimenter de crill (petites crevettes) et un gros requin de plus de 5 m nous a suivi à moins de 2 m, la mâchoire grande ouverte qui fait facilement 1m!!!!
La dernière nuit s’est déroulée dans la brume totale. J’ai utilisé le courant pour faire avancer le bateau. Nous étions 3 voiliers à se promener dans la noirceur totale. À 6h55am nous avons passé la ligne d’arrivée. Épuisés, mais heureux.
Nous avons terminé en première position en temps corrigé. Un véritable exploit, car je naviguais avec un voilier en mauvaise condition: une collision avec une baleine, un cable d’acier brisé, un poteau de la ligne de vie endommagé sous la force des vagues, les chariots des grandes voiles endommagés, etc. Mais il n’y a pas que Persévérance qui en a pris un coup, le capitaine aussi! Une entorse au genou, l’épaule, le dos… Mais ce n’est rien! Lorsqu’on affronte la nature, il y a un prix à payer… surtout si on veut gagner!!!
À bientôt!
- Robert
Bonjour chers amis!
Pardonnez mon absence sur le blogue dans les derniers miles nautiques de la course et depuis notre arrivée! Nous avons accosté à Newport hier aux aurores. Mon coéquipier et moi avons rapidement emprunté les chemins du sommeil, nos corps fatigués le méritaient amplement!
Nous sommes toujours en attente des résultats finaux, mais si la tendance se maintient, nous serions arrivés 1er de notre catégorie! Une excellente nouvelle qui tombe à point. La course Bermuda one-two a été l’une des plus corsée cette année: mauvaise température, tempête tropicale, peu de vent et dans mon cas: attaque au rorqual bleu! Un incident qui fera jaser longtemps le milieu nautique!
Les derniers miles nautiques de la course ont été particulièrement pénibles. Nous avons mis plus de 24h pour en parcourir 50! Persévérance est mal en point et la liste de réparations à effectuer avant mon retour au Québec ne cesse de s’allonger! Des câbles sont brisée, le pilote automatique, le gouvernail et même les miroirs de ma salle de bain ont éclaté à cause du choc des vagues… Du jamais vu!
La cérémonie aura lieu demain au Yacht Club de Newport. Je vous tiens au courant!
Bonne fin de semaine à tous!
- Robert
La météo ne s’améliore pas et je vous dis que le moral en prend un coup! Quelques rayons de soleil seraient grandement appréciés, mais Dame Nature nous réserve tout un autre scénario, à des années lumières de nos revendications de matelots épuisés et détrempés!
Le gouvernail a commencé à faire du bruit quelque part cette nuit et nous avons été obligés de réparer le pilote automatique à deux reprises, mais on tient bon!
Avec toutes ces nouvelles données, nous n’allons certainement pas arriver à Newport avant mercredi.
En tant que seuls participants québécois à cette course, accoster le jour de la Saint-Jean devient symbolique!
- Robert et André
Mon coéquipier, André, et moi sommes en mer depuis quelques jours en direction de Newport. La mer est bleue foncée et un bon vent fort nous accompagne.
Nous avons atteint le Gulf Stream samedi. Accueillis par de gros orages, nous nous sommes retrouvés au cœur de la tempête qui a retardée notre départ des Bermudes la semaine dernière.
Il est certain que nous ne poussons pas Persévérance à sa pleine capacité, mais malgré tout, le gouvernail tient bon et nous restons compétitifs!
Si tout se passe comme convenu, nous accosterons demain midi ou demain soir.
- Robert
Le départ était fixé à midi aujourd’hui, mais les prédictions météo sont menaçantes! Le comité a décidé de retarder le départ. La dépression tropicale semble se diriger vers le sud et prendre de la force opur atteindre des pointes à 50 knts!
Les essais ont été faits et sont très satisfaisants. Sous un vent de 20-25 knts, dans des vagues de 2-3 mètres, avec un équipage qui avait certains malaises digestifs(!!!), nous avons atteint des vitesses de 8.5 à 9 knts. Malgré tout, le gouvernail a plus de raideur sur le coté tribord, mais il faut rappeler qu’il y 5 jours, je croyais être obligé de revenir en avion ou à la nage! Il faut admettre qu’on a fait des progrès!
Retirer un gouvernail sur un voilier de 41 pieds en mer , c’est possible, le réparer en moins de 5 jours, c’est aussi possible.


Mercredi à 5:00 am, jétais sur mon approche des Bermudes, à 8.5 miles de l’arrivée, en première position, à plus de deux heures de mon rival, Dirigo. J’écoutais du rock and roll avec mon i-pod, question de stimuler mon minimum d’énergie et de garder toute ma concentration pour ces derniers miles.
En une fraction de seconde, Persévérance qui pèse 17,000 livres fut soulever de l’arrière de plus de 1-2 pieds dans les airs! Il s’arrête brusquement filant à plus de 6.5 noeuds et fait un 180 degrés, virage, bout pour bout!!!! Je suis projeté en avant et mon épaule absorbe le choc. La dernière fois que j’ai subit un tel plaquage ce fut lorsque je jouais au hockey, le gros numéro 23 de l’équipe de St Jean surnommé “flagosse” m’avait ramassé dans la bande et je terminé la partie à l’hôpital !
Je remonte sur le bateau et tout à coup, trois grosses baleines m’entourent à environ 20 mètres. Voilà l’explication, une d’elle en remontant d’une plongée n’a malheureusement pas perçu le voilier et a heurté l’arrière du bateau le soulevant de près de 1-2 pieds dans les air! Ne vous inquiétez pas, la baleine se porte bien!
Je garderai toujours des souvenirs incroyables de cette fin de course. S’il y a des leçons à tirer, je dirais qu’il ne faut jamais se croire inférieur aux autres, même s’ils sont intimidants et jamais il ne faut renoncer ou baisser les bras, même si tous les éléments semblent contre nous.
Salut chers amis!
Mère nature s’est montrée coriace envers moi et mon voilier Persévérance en envoyant orages, vents violents, vagues cassantes, et bien plus. Après 5 jours en mer seul et avec très peu de sommeil (je n’ai jamais la chance de visiter ma cabine, toujours contraint à dormir à la belle étoile), j’ai vécu la plus dure épreuve de ma carrière de capitaine : cette nuit, une baleine a frappé mon voilier. Après avoir plongé sous l’eau en pleine mer (!), j’ai constaté que celle-ci s’en était sortie mais avait fracassé mon gouvernail. Il est « ouvert comme une boîte de conserve » et est en mille morceaux. Étant sur mes derniers milles, j’ai décidé de continuer mon parcours. Mon rival de catégorie, Dirigo, qui me poursuivait depuis des jours, me talonnait de près et j’ai dû redoublé d’efforts.
Malgré ces nombreux obstacles, je suis arrivé aux Bermudes ce matin, PREMIER de ma catégorie, et 7 minutes avant Dirigo! Selon des experts dans le domaine, cette édition de la course Bermuda 1-2 a été particulièrement difficile et mon résultat est un véritable exploit!
Le périple ne se termine pas aujourd’hui. J’ai maintenant 8 jours pour me refaire des forces et surtout pour voir à la réparation de Persévérance.
Mais pour commencer… DODO!
- Robert, un capitaine fou de joie!
Bonjour les amis!
Je suis toujours à la poursuite de Dirigo – mon grand rival dans ma catégorie! J’ai mis toutes mes choses du côté tribord (le côté droit) pour me donner toutes les chances d’y arriver! C’est un truc des coureurs du Vendée Globe alors croisez-vos doigts pour que ça marche!!! Je devrais arriver aux Bermudes au courant de la nuit donc soufflez votre meilleur vent en ma direction!
La fatigue commence à s’installer. J’ai mal partout…Je dois coucher à la belle étoile. Il y a pire chose dans la vie mais ce n’est pas de tout repos!
Les amis – je vous remercie pour tous vos messages, vos encouragements et vos pensées. Je n’ai pas le temps de vous répondre mais je pense à vous.
- Robert
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